Le tour de l'Europe en 125

Le tour de l'Europe en 125

Le tour de l'Europe en Varadero ou l'histoire d'un grand Candide en quête de la découverte du Monde.

 

 



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  Étant adolescent, je rêvais d'avoir un scooter, car depuis tout petit j'ai toujours été un grand rêveur dans les nuages à l'ouest un peu ailleurs, un peu dans mon univers quoi, mais revenons en à nos moutons, donc je rêvais d'avoir un scooter, ou plutôt une mobylette, la Magnum Racing de MBK pour être précis, comme pas mal de monde dans le sud de la France, mais mes parents s'y sont toujours opposés et ils avaient raison vu que ça ne se justifiait pas. La frustration était grande, jusqu'à mes 18 ans et la voiture.

 

  Malgré tout, je ne cessais de me dire qu'un jour il faudra que je me mette à la moto, je commencerai tranquille par la 125, avant de passer à la Kawa Ninja, le rêve de  tout gosse...

Une fois les études finies cette histoire de 125, devint une obsession, avec dès le départ la ferme intention d'aller voir plus loin que le centre ville, en faisant fi des sages paroles autour de moi du genre :

"Faire de la route en deux temps mais t'es malade" ou encore "Une 125 c'est pas fait pour voyager " et aussi "Si tu arrives à aller jusqu'à Barcelone, une fois la bas ta moto sera HS" et ainsi de suite...

 

  Car beaucoup (d'occidentaux) conçoivent la moto comme un simple loisir, un joujou que l'on garde au fond de son garage et dont on se sert que le week end quand il fait beau, d'une période allant de mi mai à mi septembre, quand à la 125 c'est uniquement pour faire de la ville, et une ballade en campagne un dimanche sur deux...

En conclusion, posséder pour posséder, une philosophie qui n'est pas du tout la mienne.

 

  Et c'est alors qu'un jour de la fin de l'été 2007, j'eus le coup de foudre pour la 125 de mes rêves qui passa devant mes yeux, entièrement noire, un look démoniaque, avec pleins de formes anguleuses, un guidon Street, génial, pas à moitié couché comme sur les sportives, et surtout un moteur deux temps à en juger par la fumée qui sortait du pot, pot merveilleusement bien placé sous la selle en position haute.

  Malheureusement, dans mon émerveillement je ne vis pas de quelle marque il s'agissait, surement d'une Yamaha, c'est ce que me disaient les connaisseurs au vu de la description de l'engin, nous n'étions pas vraiment loin de cette marque sans vraiment y être, mais ça je ne le savais pas encore...

 

  En faisant le tour des concessionnaires, je perdis la trace de la belle, ce n'était pas YAM qui préparait frénétiquement l'arrivée de la R125 une machine (excusez le terme) "assez bandante" en soi pour un 4 temps, ces derniers pensèrent à une Rieju mais non, ce n'était pas Honda non plus, et encore moins Suzuki, mais bon sang de bois, de quelle marque pouvait il s'agir ?

 

  Le moment de se décider pour le modèle arriva, j'achetai alors le magazine Génération 125, avec un topo complet de toutes les motos vendues dans l'hexagone. Je recherchais une brêle neuve avec un refroidissement liquide (pour pouvoir faire de longues distances), tant qu'à faire de la place pour deux, et surtout avec des coups d'utilisation réduits, pour l'entretien. La Aprilia RS fut évincée de suite, chère à l'achat, chère à l'entretien, chère à l'assurance, la Varadero se montrait assez séduisante, mais toujours trop chère, je cherchais vainement la YamTDR, mais en lisant les dossiers du magazine, je compris que les moteurs deux temps étaient une espèce en voie de disparition. La Daelim Roadsport me fit de l'œil, puis je réussi à débusquer une marque quasi oubliée, mais fabriquant des modèles assez intéressants avec moteurs quatre temps quatre soupapes, pour un prix raisonnable, vous ne voyez pas ?

MZ ou MuZ (M und Z), une firme ex RDA, marque de moto ancestrale fondée en 1917, qui a survécu à la seconde guerre mondiale, au communisme, à la réunification, la crise économique, et ainsi de suite. Encore fabriquer des motos jusqu'à aujourd'hui, relève de la prouesse.

La marque fabrique au moment des faits, deux modèles, la MZ RT, un petit modèle routier qui ressemble à une grosse YBR, et un modèle Super motard, assez sympa mais très sobre (origine teutonique oblige), la MZ SM.

 

  Recherche de concessionnaire immédiate, premier bémol, la marque est sous représentée personne ne fait MZ à Montpellier, apparemment à Béziers, la grosse concession du centre ville le fait. Je me rends quand même chez Technic Moto à Montpellier, qui confirme ne pas commercialiser cette marque, ça commence plutôt bien.

 

  Mon père débusque une MZ RT à vendre à côté de Montpellier, je décide d'aller voir, je m'installe au guidon, et je dois admettre que le petit bloc 4 soupapes ne s'en sort pas trop mal...

C'est décidé, je vais aller voir à Béziers ce que cela donne histoire de franchir le pas...

Ce samedi là, pas de bol il neige sachant que cela arrive en moyenne une fois tous les 2 ans dans le Languedoc, j'y vais quand même, arrivé là bas, pas de MZ à essayer au milieu de la bonne trentaine de bécanes, de toute façon sous la neige c'est hors de question et c'est pas négociable, mais déjà bonne nouvelle, il est possible de commander une SM neuve, via ce monsieur...

 

  Les fêtes passèrent, puis vint le moment M, et c'est là qu'en re-consultant Génération 125, je fis le lien avec la bombe que j'avais vu, elle était là toute discrète en bas de page avec sa double optique, son nom de Code Derbi GPR Nude 125, description, moteur 2 temps origine Yamaha (je brûles), couleur noire mate, avec son pot sous la selle, par contre "pour le duo passez votre chemin". Aïe !!! Mais que faut il faire ??? Quelle décision prendre ? La décision est prise, les passagers iront se faire voir, ça sera celle là, l'individualisme triomphe (une fois de plus)...

 

  Les recherches commencent, je me rends à la concession Derbi pour en essayer une, pas de bol, aucune en stock, ni neuve ni d'occasion. Le commercial, me fait gentiment essayer une Aprilia RS 125, en effet 2 temps c'est autre chose que 4... Une fois l'essai terminé, je décide quand même d'aller essayer une Varadero d'occasion, vu que le concessionnaire Montpellierain en vends justement une. Une fois installé au guidon, la différence avec la RS est saisissante un veau, un diesel sans en être un mais en moto, avec un "certain" temps pour atteindre les 100 kilomètres heures, je me rends compte que le bloc MZ est une vraie petite merveille, mais pas autant que le deux temps Minarelli, c'est ferme et définitif, ça sera une GPR Nude.

 

  Retour chez le concessionnaire Derbi, on s'installe au bureau, on commence à remplir le bon de commande, pour la couleur j'ai le choix, du moment que c'est noir comme dirai Henry (Ford), la joie est à son comble et au moment de renseigner le code produit, c'est le drame "produit épuisé" Flûte, Zut et crotte...

Quelle stratégie adopter, refusant de me laisser abattre j'en viens à envisager l'achat d'occasion, et à l'accepter... Les investigations commencent malheureusement il n'y a aucune Nude à vendre autour de Montpellier, la plus proche est à Lyon, sinon le gros des ventes se concentre dans l'ouest de la France.

 

  Méthode de résolution des problèmes, appeler le vendeur à Lyon, un professionnel, deuxièmement se rendre à l'assurance, et enfin troisièmement réserver le train, et monter à Lyon un samedi matin pour redescendre la bécane.

Et c'est là que tout commença le samedi 16 février 2008 pour être précis, je me rendis à la gare tôt le matin, sur mon vélo, tout en tenue de motard blouson pantalon casque chaussures et gants(heureusement, que c'était tôt le matin, en passant sur la place de la comédie). Je réussis à ne pas rater le train, et à bien attacher mon vélo qui allait passer la nuit sur le quai. En chemin je reçu un coup de fil de l'assurance, pour me dire que tout était en ordre, arrivant à Lyon je me rendis directement chez Moto Dépôt, et là oui LÀ, je la vis enfin en carénage et en cadre, joliment parquée, n'attendant que d'être cueillie telle une fleur...





  L'essai se révéla concluant, je n'étais pas trop mal à l'aise, vu la petite taille de la moto, puis après passage à la caisse, je devins enfin motard pour la première fois de ma vie.

Il ne restait plus alors qu'à redescendre sur Montpellier, via la mythique nationale 7.

Les semaines passèrent, je me régalais bien au guidon de ma petite bombe, parfaitement adaptée à Montpellier avec son look "kéké piche", je pouvais même la rentrer dans la cave de la résidence étudiante où j'habitais alors, l'idéal...

Puis l'envie d'évasion reprit le dessus en scrutant la carte verte, voir tous ces pays accessibles y compris l'Iran et l'Albanie, jamais couverts en bagnole, même avec une assurance complète...

Pourquoi se priver dans ces cas là, en désossant ce qui faisait office de "siège arrière", je vis qu'il était possible en rajoutant des sangles de pouvoir attacher un petit bagage. Ça plus un gros sac à dos de rando, et ça pouvait le faire.

Et c'est ainsi que naquit ce projet de grand voyage en 125 à travers l'Europe et plus si possibilités.

 

  L'itinéraire était déjà tout tracé, premièrement direction l'Espagne jusqu'à Gibraltar, une petite virée au Maroc, retour en Europe, Portugal de Bas en haut, St Jacques de Compostelle lieu incontournable des pèlerins de toutes sortes, le reste de l'Espagne, traverser la France jusqu'aux îles britanniques, voir l'Irlande et le Connemara, l'Ecosse et ses Loch, redesendre jusqu'à London, Benelux, Nord Allemagne, Köpenhague, Støckolm, Øslo, et Le cap Nord, le rêve de tout voyageur qui se respecte... Et enfin finir par la Finlande jusqu'à St petersbourg avec sa rue parfaite et la citadelle de Kronstadt, puis une fois là bas aviser et faire un tour du côté de la fête de la bière à Munich ou du festival des fanfares de Güca en Serbie, bref pour résumer la bécane allait enfin me donner l'opportunité de donner vie à mes rêves, de voyager autrement que dans ma tête d'aller voir par moi même et de me faire ma propre opinion sur ce que je verrai.

 

  En cet été 2008, une petite virée en Languedoc Roussillon, allait me donner un avant gout de ce grand voyage. De Montpellier direction Quillan dans la haute vallée de l'Aude, tout par la route, Nationale jusqu'à "Narbonne Carrefour du sud... " puis De Narbonne à Quillan par la route des Corbières. Oui la petite route bien tortueuse en jaune sur la carte Michelin. Puis de Quillan nous nous rendîmes (Finalement ça sert à quelque chose le passé simple) à Perpignan, avec mon ami Guillaume lui aussi en 125. Et après quelques jours de quiétude sur la côte Vermeille je rentrais enfin sur Montpellier, via l'autoroute avec le vent, puis la pluie diluvienne propre au climat méditerranéen l'été, Ah quel plaisir...

  Cette petite étape me permis tout de même de voir que la Derbi était bien à l'aise sur l'autoroute, et qu'elle pouvait tenir les 110 de moyenne, le régime parfait pour ne pas trop faire chauffer le moteur.

 

  Les mois passèrent entre temps, j'avais pris un deuxième boulot pour me donner les moyens de réaliser mes envies, mais malheureusement je dus prendre une décision un peu amère, car au fil du temps, je constatais alors que la Derbi allait se révéler un peu trop juste pour un périple de cette ampleur.

  En effet  un gabarit un peu mini, la quasi impossibilité d'ajouter des sacoches latérales, la consommation pas vraiment économique (7 litres aux 100 en moyenne), la fiabilité pas super top, ajoutez à cela le bruit et l'odeur et vous voyez le tableau...

 

  A la fin du grand trip la perspective de partir avec la Derbi, ne me parût plus aussi impossible, il m'aurait fallut emporter plus de pièces de rechange c'est tout...

Bref, dans l'immédiat, Je me décidai alors à investir dans une autre bécane un peu plus fiable et plus adaptée. J'hésitais longtemps entre la TDR de Yamaha, à moteur deux temps presque identique à la Derbi, et la Varadero de Honda...

  L'opportunité de faire une reprise de ma Derbi contre une TDR, chez un des plus gros concessionnaires Montpellierains me passa sous le nez.

Je trouvai alors une Varadero 125 à vendre du côté de Béziers, je partis la voir, cette pauvre moto servait très peu, et n'avait parcouru que 4000 km en 2 ans, elle devint mienne, l'affront des années précédentes serai vengé.

 

 Une nouvelle histoire d'amour venait de voir le jour...


  Entre Julien et Gertrude, car c'est ainsi que je décidai d'appeler affectueusement ma chère moto, du fait de son gabarit imposant, GERTRUDE m'évoquait l'allemande costaude qui vous amène 12 chopes d'une seule traite lors de la fête de la bière à Munich (La femme idéale aux dires de certains).

 


  Puis le 6 avril 2009, fût le D Day, le coup d'envoi de la grande varadrouille, direction Quillan, l'Espagne puis le Maroc, le Portugal et ainsi de suite, vous savez où cliquer.

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