Le tour de l\'Europe en 125

Le tour de l\'Europe en 125

Lagos

Lundi 8 juin 2009 suite,

 

Portugal, Portugal, aujourd'hui suite du programme, nouveau pays, nouvelle langue, nouvelle culture.

 

 

Il n'est pas possible de traverser directement le rio Guadiana par la route, il n'y a pas de pont routier, tout juste un vieux bac, je passerai donc la frontière sur l'autoroute, où je ne noterai aucune différence entre les deux pays, c'est souvent comme ça.

 

Pour la suite, je sors à la première sortie la n°18 sur l'autoroute A22, afin de continuer le trip par la route, et apprécier les charmes de ce nouveau pays où je ne suis jamais allé.

 

En sortant de l'autoroute, oh my god, j'ai un choc et je me dis : "Je suis revenu au Maroc", en fait j'ai du passer le détroit de Gibraltar par inadvertance, et le pont autoroutier doit être une nouvelle réalisation intercontinentale, et les autorités dans un souci de modestie ont préféré ne pas trop ébruité la nouvelle.

Assez déconné, donc en sortant de l'autoroute, fini le tarmac impeccable de l'Andalousie, fini les façades fraichement ravalées, ici tout est intact, tout est authentique, apparemment le rouleau compresseur des subventions Européennes n'est pas passé ou alors il a dû s'égarer par en chemin dans le garage d'un élu local...

 

Vila Réal de Santo Antonio de l'autre côté portugais du Rio sera la première ville portugaise que je visiterai, vite fait. Bien que cette ville soit dans la continuité de l'axe côtier en venant de Séville, Santo Antonio est bel est bien un cul de sac, il n'y pas de pont routier, pas de pont ferroviaire ; la liaison avec Huelva distante d'à peine 60 km n'a jamais été construite, un vieux panneau indique les horaires sporadiques du bac uniquement accessible aux piétons, la seule liaison "internationale". A la gare des trains tous droit sortis des années 60 attendent dans un décor couleur de rouille (air marin oblige), ils me font un peu penser au trains gris de la région parisienne.

 

Je décide de continuer déjà jusqu'à Faro dans un premier temps, par la route côtière, la N125, je reste enchanté par la suite du trip, le dépaysement avec l'Espagne est total, en plus de l'aspect visuel, la langue portugaise bien que facilement lisible est radicalement différente de l'espagnol.

Ci dessous un exemple :

 

 

Je fais un petit arrêt en cours de route pour manger une bonne glace, et consulter le manoel de conversation dans le guide Michelin du Portugal.

En portugais glace ne se dit pas "helado" mais gelo. Après une heure de potassage les différences générales avec l'espagnol sont les suivantes :

- Les H aspirés redeviennent des F comme dans les autres langues latines exemple : "hablar" (parler) devient "falar"

- Les terminaisons en "-íon" deviennent "-ão" (son ain-ou) exemple "estacíon" (gare) devient "estação".

- La lettre "ll" espagnole se traduit généralement par des "ch" en portugais exemple "llave" (clé) devient "chave".

 

Il est certain que pour exister en tant que tel le Portugal a bien dû faire la différence quelque part pour résister à son puissant voisin. Tout ça reste une fois de plus une histoire de famille, une phrase portugaise résume d'ailleurs assez bien la situation :

 

- De Espanha nem bom vento, nem bom casamento (Venant d'Espagne ni bon vent, ni bon mariage).

 

Me voilà donc à peu près armé pour la conquête du Portugal, ces bricolages linguistiques (n'en déplaise à certains) me permettront de me faire comprendre assez facilement, sachant que contrairement aux espagnols les portugais parlent plusieurs langues fréquemment anglais ou français (quand c'est pas les deux) ils reçoivent un enseignement béton à l'école, et comprennent naturellement le castillan. Par contre pour ce qui est de les comprendre eux, c'est une autre histoire.

 

Par fainéantise ( je sais ce n'est pas bien) je prends très peu de photos sur le trajet malgré les paysages, et les stations balnéaires qui se succèdent, Tavira, Fuseta, Olhão, la ville de Tavira dénote un peu des autres, elle a ce je ne sais quoi... Je continues vers Faro, où j'arrive en pleine heure de pointe, malgré les bagages j'arrive à continuer en circulation inter-files.

Faro est une ville sans charme particulier où les immeubles en béton s'alignent le long de la côte, ça ne me donne pas envie de m'arrêter, je continues un peu plus à l'ouest, j'ai choisi ma destination, ce sera Lagos.

 

Je découvre aujourd'hui qu'il y a une vieille Lagos comme il y a une old york, jusqu'à présent Lagos m'évoquait la capitale économique du Nigéria,  une ville tentaculaire à l'urbanisation anarchique connue pour ses bouchons battants tous les records... 

Fort heureusement la Lagos portugaise semble être bien moins agitée

 

Je continues toujours sur la route côtière, passe les villes d'Albufeira et de Portimão jusqu'à ma descente sur Lagos. Je table d'abord sur une pension pour me loger, une est indiquée par le guide Michelin, le GPS devrait (au conditionnel comme d'hab) m'y conduire. Comme d'habitude c'est n'est pas chose aisée, et je galères, dans les petites rues pavées de la ville de Lagos :

 

 

J'arrive à la pension Rosa (Rosy pour les intimes) elle se trouve en plein centre piéton, ça ne me convient pas, la rue est si peu large que même avec ma moto j'emmerde le monde. Direction le camping je galère encore une petite heure à le trouver, j'arrive d'abord dans ce qui ressemble à un camping, à la réception deux jeunes gens, ils ne parlent pas anglais, ni espagnol, ni français et appellent une dame qui m'informe qu'en fait le camp de vacances où je me trouve est réservé aux fonctionnaires portugais ce qui n'est pas mon cas, le camping se trouve un peu plus loin.

Je fini par y arriver, le coin est assez sympa, le camping dispose d'un petit supermarché, de deux bars, et d'ordinateurs reliés à l'internet. La plage est à 8 minutes de marche environ je ne suis pas trop mal tombé, je me trouve un coin à côté du barbecue où sont rassemblées plusieurs personnes je fais un peu sensation avec la bécane chargée à ras-bord...

 

Les présentations sont vite faites, des gens de toute l'Europe se rassemblent autour du feu tous sont ici pour joindre l'utile à l'agréable, un jeune anglais John originaire de Bristol qui gagne sa vie en jouant de la guitare pour les touristes, Patrick un jeune allemand qui reste au camping entre deux missions agricoles, Peter un anglais dans la quarantaine artiste incompris depuis plusieurs mois déjà il est parti de Bristol au volant de son van Volkswagen, il fait des petits travaux à droite à gauche mais profite surtout de la douceur de vivre Algarvienne, Miguel un portugais qui travaille pour le camping pas spécialement fréquentable, Giuseppe un belge d'origine italienne qui attend un poste de cuistot sur un voilier, Carlos un clando angolais pas avenant ni le genre de personne de confiance, Maria espagnole de Zaragoza et Alicia une italienne elles vendent des bijoux fantaisie fait maison aux touristes, Sebastian un colombien et Francisco mexicain tous deux artistes de rue des gars cools et sans histoire, les flamandes Nathalie et Marieke en vacances sur la côte, les Lisboètes Alejandro et Luis en vacances sur la côte également ils travaillent pour Avis à l'aéroport de Lisbonne, Linda 19 ans et son frère Kevin 13 ans anglais vivant depuis 4 ans déjà en Algarve où leurs parents se sont installés ils sont en rupture avec eux et vivent donc au camping dans une grande tente, et enfin Mark et non Marc, Mark avec un K, une sorte de Siegfried un Vandale égaré en chemin ayant décidé de planter ses valises en terre lusitanienne. Mark est luxembourgeois du haut de ses 50 ans qu'il ne fait pas et avec ses airs de guerrier viking Mark a tout plaqué depuis 4 ans déjà, sa copine son boulot tranquille dans un laboratoire au Luxembourg, sa maison, sa petite vie monotone qui ne lui correspondait pas et dans laquelle en définitive il commençait à étouffer. En échange de tout ça Mark s'est payé une BMW GS et aucune limite à ses envies de découvertes, France, Maroc, Espagne, Mauritanie, Sénégal, Portugal, Italie, Grèce, Turquie, Croatie, Slovénie, et d'autres pays européens, sans compter les expéditions à venir comme une petite virée en pays Dogon. Quand il ne voyage pas Mark passe le plus clair de son temps ici au camping de Lagos.

 

 



26/11/2010
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